Comment lutter contre l’araignée rouge

Dans cet article, nous allons vous expliquer comment combattre l’araignée rouge et l’éliminer de vos plantes de cannabis. Malgré son nom, ce petit animal (nom scientifique : Tetranychus urtica) n’appartient pas à la classe des arachnides, mais à la sous-classe des acariens. Il se rapproche davantage des acariens domestiques et des tiques que des araignées.

Les araignées rouges et blanches (Polyphagotarsonemus latus) font partie des ravageurs s’attaquant le plus fréquemment aux cultures d’intérieur. Elles s’en prennent également aux espèces horticoles fruitières et ornementales, mais leur préférence va aux plantes de cannabis dont elles sucent la sève élaborée, riche en sucres. En cas d’attaque, il est impératif d’agir rapidement, sans quoi le problème peut s’étendre et nuire gravement à la récolte, voire entraîner la mort de la plante.

araignée rouge
Araignée rouge au stade adulte

L’araignée rouge est certainement l’un des pires nuisibles menaçant les cultures d’intérieur. Elle peut également causer des dégâts en extérieur, mais la présence de prédateurs naturels suffit généralement à limiter sa prolifération.

En intérieur, l’araignée rouge peut compléter son cycle vital en quelques jours si les conditions (température, humidité ambiante, etc.) s’y prêtent. Or c’est généralement le cas dans les plantations d’intérieur, où il n’existe en outre aucun prédateur naturel pour la combattre.

Morphologie

Les acariens adultes sont difficilement visibles à l’œil nu : les araignées rouges ont l’air de petits points rouges ou marron à la surface des feuilles. À l’âge adulte, elles mesurent un demi-millimètre de long environ. Les mâles sont de couleur jaunâtre, et en forme de poire ; les femelles sont plus rondes et d’un rouge orangé. Ces couleurs peuvent varier en fonction de l’âge de l’acarien, de la saison et de la plante dont il s’alimente.

Biologie

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Dans la nature, en hiver, les araignées rouges adultes se réfugient dans l’écorce des arbres, parmi les mauvaises herbes, etc. pour entrer en diapause (hibernation). Avec le printemps et la remontée des températures, elles sortent et commencent à pondre.

Dans les plantations d’intérieur, en l’absence d’hiver, le cycle biologique des acariens est perturbé : les générations s’enchaînent sans interruption.

La femelle pond ses œufs, enveloppés d’une fine couche de toile, sur la face inférieure des feuilles. Elle peut pondre une quinzaine d’œufs par jour, soit jusqu’à 120 œufs sur la totalité de son cycle de vie (4 semaines environ). En cas d’attaque sévère, il arrive que ses toiles recouvrent entièrement les têtes des plants de cannabis pris pour cible.

Les larves ne mettent que quelques jours à éclore, selon le climat. Elles muent à trois reprises en l’espace de quelques jours, avec une courte phase de repos avant chaque mue. Arrivées à l’âge adulte, elles pondent à leur tour et emprisonnent nos plantes de leur toile.

Du fait de son développement rapide, il est conseillé de traiter préventivement vos plantes toutes les 2 à 3 semaines, pour éviter la prolifération de ce nuisible en pleine phase de floraison.

Symptômes et dégâts

Tant au stade de larve qu’à l’âge adulte, l’araignée rouge s’alimente de l’envers des feuilles : celui-ci apparaît alors comme piqueté de minuscules points décolorés. Ces points jaunâtres se déclarent d’abord le long de la nervure centrale et des principales veinules.

Plante attaquée par les araignées rouges

Plante attaquée par les araignées rouges.

Lorsque l’attaque persiste, les feuilles jaunissent entièrement, entraînant une forte diminution de la photosynthèse. Les feuilles chlorosées finissent par tomber. La plante s’affaiblit, parfois jusqu’à la mort.

Mesures de lutte

La meilleure façon de lutter contre l’araignée rouge est d’éviter les conditions propices à sa prolifération, c’est-à-dire les températures élevées et une faible humidité ambiante :

  • Maintenir l’espace de culture à une température inférieure à 26°C
  • Maintenir une humidité ambiante élevée lors de la phase de croissance et des premières semaines de floraison.

Il existe par ailleurs un certain nombre de prédateurs naturels capables de venir à bout de cet acarien. L’un d’eux est le Neoseiulus californicus, un acarien commercialisé sous le nom de Spical. Ce produit en contient 5 000 spécimens, à épandre sur vos plantes à titre préventif.

Enfin, les produits acaricides sont une autre mesure de lutte efficace. Ces produits éliminent l’araignée rouge, mais également les autres types d’acariens, c’est pourquoi il s’agit d’une option de dernier recours. Voici une liste des trois acaricides les plus utilisés par nos clients :

– Spidermite. Cet acaricide biologique bloque les orifices respiratoires des acariens, entraînant leur mort par asphyxie. Renouveler l’application au bout de 5 jours pour éliminer les larves ayant survécu au premier traitement, lorsqu’elles étaient à l’état d’œufs.

– Cinnaprot. Extrait de cannelle aux propriétés acaricides et phytofortifiantes. Son mode d’action n’étant pas sélectif, il élimine également l’éventuelle faune auxiliaire présente dans votre espace de culture. Peut s’appliquer jusqu’à 10 jours avant la récolte.

– Plant Vitality Plus. Extrait de microorganismes nocifs pour l’araignée rouge. Il est sans danger pour l’homme et les animaux domestiques, ce qui fait que nous le recommandons souvent.

– Fleur de soufre (soufre sublimé) chauffée à l’aide d’une résistance électrique. Le brûleur de soufre est un élément traditionnel de lutte contre les acariens et l’oïdium. Une application d’une heure suffit généralement à éliminer l’essentiel du problème.

– Bombe insecticide. Permet de venir entièrement à bout de l’infestation après la récolte. Vider le contenu de la bombe Solfac dans votre espace de culture, puis aérer après 24 heures, une fois tous les acariens éliminés.

Comme pour les autres ravageurs et maladies de la plante de cannabis, la meilleure lutte contre l’araignée rouge reste la prévention : assurez-vous d’être capable d’en reconnaître les premiers symptômes.

C’est tout pour aujourd’hui, rendez-vous au prochain article ! Comme d’habitude, nous vous invitons à participer à notre guide de culture en nous faisant part de vos questions et commentaires.

 

 

Comment prévenir et combattre le botrytis chez le cannabis

Le botrytis est une maladie causée par un champignon, plus connue sous le nom de « pourriture grise », qui s’attaque à de nombreuses espèces horticoles et fruitières dont le cannabis.

Têtes de cannabis atteinte pour le Botrytis
Botrytis chez le cannabis

Dans cet article, nous allons nous pencher sur cette maladie et apprendre à la combattre pour éviter qu’elle n’affecte nos plantes.

Le botrytis fait partie des problèmes fréquents lorsque l’on cultive en extérieur, surtout chez les plantes ayant souffert d’une infection de chenilles. Pour plus de détail sur ce sujet, consultez notre article Comment lutter contre les chenilles.

botrytis affectant le cannabisLe champignon à l’origine de cette maladie répond au nom scientifique de Botrytis cinerea. C’est un saprophyte/parasite capable d’occasionner d’importants dégâts. Ses tissus de prédilection sont les fleurs non fécondées, surtout si elles présentent des blessures où l’infection peut prendre ses quartiers.

Morphologie

Ce champignon pathogène produit un mycélium grisâtre ou brun sur les parties affectées de la plante. Comme la plupart des champignons, son développement est favorisé par une humidité relative élevée. Pour développer son mycélium – ou corps – le champignon a besoin d’un climat humide et pas trop frais (entre 18 et 23°C), favorable à la formation de spores et à leur germination.

Il est rare que les spores ayant germé pénètrent les tissus en croissance : ils font généralement leur entrée par des blessures présentes sur les têtes en phase de maturation, qu’elles aient été causées par une chenille ou un coup de ciseau lors de la taille.

Symptômes et dégâts

Le botrytis se manifeste par la présence de taches brunes sur les têtes de cannabis. Les têtes ont un aspect foncé, et dégagent une odeur légèrement acide. De plus, une fois récoltée, l’herbe s’effrite facilement et est presque sèche.

Le botrytis affecte plus volontiers les variétés de cannabis aux fleurs plus denses, étant donné que l’air circule peu à l’intérieur. Les variétés les plus tardives, dont la floraison coïncide avec les pluies automnales, sont également plus vulnérables au botrytis.

L’herbe infectée ne doit pas être fumée : elle provoquerait des problèmes pulmonaires. De plus, d’après notre expérience, l’herbe contaminée par la moisissure a un drôle d’effet qui n’a rien d’agréable, et cause plus d’anxiété qu’autre chose – sans parler des crises de toux qu’elle provoque chez beaucoup.

Nous vous conseillons de renoncer à votre cannabis botrytisé, ou à la rigueur de l’utiliser pour une extraction à l’alcool isopropylique (ou analogue) afin d’en tirer de l’huile. L’alcool tue le mycélium et les spores du champignon, réduisant ainsi les risques d’infection pulmonaire.

Mesures de lutte

Les méthodes diffèrent selon que l’on cultive en intérieur ou en extérieur. En intérieur, il faut veiller à ce que l’humidité relative n’excède pas 50 % en phase de floraison. En extérieur, l’humidité relative est impossible à contrôler : il faut donc se montrer très attentif à l’apparition éventuelle de tâches sur les têtes.

Lutte culturale :

. Veiller à la bonne circulation de l’air dans la salle de culture. Ne pas forcer sur la densité de plantation.

. Pratiquer des tailles apicales chez les variétés ayant tendance à produire de très grosses têtes. Il est préférable d’avoir deux têtes plus petites qu’une grosse tête centrale.

. Tailler les parties les plus basses des plantes : ce sont les plus exposées à l’humidité, et les plus susceptibles de s’infecter.

. Maintenir une fertilisation équilibrée. En excès, l’azote favorise les infections – aussi bien de botrytis que d’oïdium.

Traitements phytosanitaires :

Comme toujours, Cactus Martorell vous préconise de réaliser des traitements préventifs à l’aide de produits d’origine organique. Ces produits ne laissent aucun résidu néfaste chez la plante, et n’altèrent pas le goût du cannabis.

botrytis cannabisLes produits de type BioFungi (à base d’huile essentielle de thym rouge et de savon potassique, aux propriétés antifongiques et antibactériennes) permettent de réaliser des traitements préventifs contre le botrytis. Il agit par contact en pénétrant la paroi cellulaire du champignon, et stoppe son développement.

Certains de nos clients utilisent Botryprot, un mélange de nutriments et d’extraits de microorganismes qui stoppent le développement du champignon. Il agit par contact tout en stimulant les défenses naturelles de la plante. Entièrement biodégradable, il n’affecte ni les fleurs ni la résine.

Ces traitements s’administrent dès l’apparition des premières têtes, et peuvent se poursuivre jusqu’à la quatrième semaine de floraison bien entamée. En cas d’infection grave, il existe aussi des fongicides chimiques. Nous les déconseillons néanmoins, car votre récolte a de fortes chances d’en conserver des traces.

C’est tout pour aujourd’hui, merci de votre attention et rendez-vous au prochain article ! Comme toujours, nous vous invitons à nous soumettre vos questions et commentaires.

Comment lutter contre les chenilles

La chenille est l’un des insectes nuisibles les plus dommageables pour le cannabis d’extérieur. Il s’agit de la forme larvaire de certaines espèces de papillon de nuit du genre Heliothis, qui déposent leurs œufs dans les plantes. La larve qui en émerge se nourrit de têtes de cannabis et des fruits d’autres espèces comme la tomate ou le maïs.

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Chenille s’attaquant à un plant de cannabis

Une chenille sur un plant de cannabis

Non seulement les chenilles s’attaquent-elles directement aux têtes de cannabis, mais les excréments qu’elles déposent et les blessures qu’elles causent en s’alimentant peuvent être source de maladie pour la plante. Ajoutées à l’apparition des pluies en fin de floraison, les attaques de chenille sont un fléau menaçant l’obtention de récoltes de qualité.

1. Morphologie

Sa forme adulte est un papillon de 35 à 40 mm d’envergure, avec une première paire d’ailes jaunâtre et une seconde de couleur marron. De jour, on peut l’apercevoir qui se repose sur la face inférieure des feuilles, dans des endroits protégés.

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Chenille Heliothis

Quant aux larves, leur coloration est très variable et dépend de leur alimentation. Le plus souvent, elles sont brunes dans un premier temps (petites larves) et acquièrent une coloration vert vif – comme la plante dont elles s’alimentent – par la suite.

2. Biologie

Les papillons sont actifs au crépuscule et la nuit. Leur aptitude au vol est excellente : si les plantations de l’un de vos voisins ont été attaquées, les vôtres ont de fortes chances de l’être aussi. La femelle pond ses œufs à l’abri, de préférence à proximité des têtes. Elle est capable d’en produire de 500 à 1 500 par cycle. Les œufs sont blancs, et virent au brun lors de la maturation.

La chenille connaît 5 à 6 stades de développement. Elle se développe en se nourrissant des parties riches en azote de la plante – essentiellement les têtes, mais également les feuilles et les bourgeons aux premiers stades larvaires. Une fois l’étape larvaire achevée, la chenille se chrysalide dans le sol, dans un cocon de terre à environ 5 cm de la surface, où elle hiberne jusqu’au printemps de l’année suivante.

Bien qu’il varie en fonction des températures, son cycle de vie est de 35 à 40 jours en conditions optimales – soit 3 à 4 générations par an. La première génération provoque généralement très peu de dégâts, mais les suivantes, autrement plus nombreuses, peuvent faire des ravages.

3. Symptômes et dégâts

Le premier symptôme d’une invasion de chenilles est la présence de feuilles grignotées, un peu à la manière des sauterelles. Plus tard, en entrouvrant légèrement les têtes en formation, on peut y apercevoir de minuscules boules noires : ce sont des excréments de chenille.

Les larves de 3e stade (ou ultérieur) sont celles qui causent le plus de dégâts, du fait de leur taille mais également de leur prédilection pour les têtes. Si ces attaques coïncident avec une période de pluie, il n’est pas rare que le botrytis se déclare dans la foulée, et l’invasion est alors doublement dommageable.

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4. Mesures de lutte

Dans les serres et les cultures de grande envergure, on utilise des pièges à phéromones sexuelles pour surveiller les vols et décider du meilleur moment pour traiter. Tant que le piège reste vide, c’est que les cultures ne sont pas en danger.

En extérieur cependant, l’utilisation de pièges à phéromones n’a pas tellement d’intérêt puisque le nombre de plantes est généralement limité. Le mieux est de réaliser des traitements préventifs à partir de la deuxième semaine de juillet.

Le produit conseillé pour lutter contre cet insecte nuisible est le Bacillus thuringiensis, commercialisé par la marque TRABE sous le nom de Biothur 32M. Il s’agit d’un produit entièrement respectueux de la faune auxiliaire, qui ne tue que les larves de la chenille s’attaquant aux têtes de cannabis.

Le Bacillus thuringiensis ssp. kurstakii – plus communément appelé Bt – est une bactérie qui, lorsqu’elle se reproduit sous forme de spores, synthétise des protéines qui ne sont toxiques que pour les larves de cette espèce. Le Bt colonise les plantes sur lesquelles il est administré : les larves de la chenille meurent en s’alimentant des feuilles et des têtes.

Il est essentiel de commencer le traitement avant la formation des têtes, sans quoi les larves pourraient se glisser à l’intérieur et commencer à s’en nourrir sans être affectées par le traitement Bt. L’idéal est de traiter tous les 15 jours, de mi-juillet à début septembre.

La plupart des insecticides naturels agissant comme répulsif pour d’autres insectes sont également efficaces contre les chenilles. L’utilisation de produits de type Pireprot est donc tout à fait conseillée aussi.

En dernier recours, il est possible d’inspecter manuellement les têtes pour y repérer les chenilles grâce à leurs excréments, puis de les éliminer définitivement en les écrasant du pied. Cette méthode est toutefois déconseillée aux cultivateurs les plus scrupuleux.

C’est tout pour aujourd’hui, rendez-vous au prochain article ! Comme d’habitude, nous vous invitons à nous faire part de vos questions et commentaires. Un membre de l’équipe Cactus Martorell y répondra aussi rapidement que possible.