Comment lutter contre les chenilles

La chenille est l’un des insectes nuisibles les plus dommageables pour le cannabis d’extérieur. Il s’agit de la forme larvaire de certaines espèces de papillon de nuit du genre Heliothis, qui déposent leurs œufs dans les plantes. La larve qui en émerge se nourrit de têtes de cannabis et des fruits d’autres espèces comme la tomate ou le maïs.

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Chenille s’attaquant à un plant de cannabis

Une chenille sur un plant de cannabis

Non seulement les chenilles s’attaquent-elles directement aux têtes de cannabis, mais les excréments qu’elles déposent et les blessures qu’elles causent en s’alimentant peuvent être source de maladie pour la plante. Ajoutées à l’apparition des pluies en fin de floraison, les attaques de chenille sont un fléau menaçant l’obtention de récoltes de qualité.

1. Morphologie

Sa forme adulte est un papillon de 35 à 40 mm d’envergure, avec une première paire d’ailes jaunâtre et une seconde de couleur marron. De jour, on peut l’apercevoir qui se repose sur la face inférieure des feuilles, dans des endroits protégés.

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Chenille Heliothis

Quant aux larves, leur coloration est très variable et dépend de leur alimentation. Le plus souvent, elles sont brunes dans un premier temps (petites larves) et acquièrent une coloration vert vif – comme la plante dont elles s’alimentent – par la suite.

2. Biologie

Les papillons sont actifs au crépuscule et la nuit. Leur aptitude au vol est excellente : si les plantations de l’un de vos voisins ont été attaquées, les vôtres ont de fortes chances de l’être aussi. La femelle pond ses œufs à l’abri, de préférence à proximité des têtes. Elle est capable d’en produire de 500 à 1 500 par cycle. Les œufs sont blancs, et virent au brun lors de la maturation.

La chenille connaît 5 à 6 stades de développement. Elle se développe en se nourrissant des parties riches en azote de la plante – essentiellement les têtes, mais également les feuilles et les bourgeons aux premiers stades larvaires. Une fois l’étape larvaire achevée, la chenille se chrysalide dans le sol, dans un cocon de terre à environ 5 cm de la surface, où elle hiberne jusqu’au printemps de l’année suivante.

Bien qu’il varie en fonction des températures, son cycle de vie est de 35 à 40 jours en conditions optimales – soit 3 à 4 générations par an. La première génération provoque généralement très peu de dégâts, mais les suivantes, autrement plus nombreuses, peuvent faire des ravages.

3. Symptômes et dégâts

Le premier symptôme d’une invasion de chenilles est la présence de feuilles grignotées, un peu à la manière des sauterelles. Plus tard, en entrouvrant légèrement les têtes en formation, on peut y apercevoir de minuscules boules noires : ce sont des excréments de chenille.

Les larves de 3e stade (ou ultérieur) sont celles qui causent le plus de dégâts, du fait de leur taille mais également de leur prédilection pour les têtes. Si ces attaques coïncident avec une période de pluie, il n’est pas rare que le botrytis se déclare dans la foulée, et l’invasion est alors doublement dommageable.

Symptomes_chenilles_cannabis

4. Mesures de lutte

Dans les serres et les cultures de grande envergure, on utilise des pièges à phéromones sexuelles pour surveiller les vols et décider du meilleur moment pour traiter. Tant que le piège reste vide, c’est que les cultures ne sont pas en danger.

En extérieur cependant, l’utilisation de pièges à phéromones n’a pas tellement d’intérêt puisque le nombre de plantes est généralement limité. Le mieux est de réaliser des traitements préventifs à partir de la deuxième semaine de juillet.

Le produit conseillé pour lutter contre cet insecte nuisible est le Bacillus thuringiensis, commercialisé par la marque TRABE sous le nom de Biothur 32M. Il s’agit d’un produit entièrement respectueux de la faune auxiliaire, qui ne tue que les larves de la chenille s’attaquant aux têtes de cannabis.

Le Bacillus thuringiensis ssp. kurstakii – plus communément appelé Bt – est une bactérie qui, lorsqu’elle se reproduit sous forme de spores, synthétise des protéines qui ne sont toxiques que pour les larves de cette espèce. Le Bt colonise les plantes sur lesquelles il est administré : les larves de la chenille meurent en s’alimentant des feuilles et des têtes.

Il est essentiel de commencer le traitement avant la formation des têtes, sans quoi les larves pourraient se glisser à l’intérieur et commencer à s’en nourrir sans être affectées par le traitement Bt. L’idéal est de traiter tous les 15 jours, de mi-juillet à début septembre.

La plupart des insecticides naturels agissant comme répulsif pour d’autres insectes sont également efficaces contre les chenilles. L’utilisation de produits de type Pireprot est donc tout à fait conseillée aussi.

En dernier recours, il est possible d’inspecter manuellement les têtes pour y repérer les chenilles grâce à leurs excréments, puis de les éliminer définitivement en les écrasant du pied. Cette méthode est toutefois déconseillée aux cultivateurs les plus scrupuleux.

C’est tout pour aujourd’hui, rendez-vous au prochain article ! Comme d’habitude, nous vous invitons à nous faire part de vos questions et commentaires. Un membre de l’équipe Cactus Martorell y répondra aussi rapidement que possible.

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